Maxime Prodromidès
Président de SMILO (Small Islands Organisation)
Pour l’insulaire de voisinage que je suis, à Porquerolles, le Levant c’est une drôle d’histoire, d’un côté le secret militaire, de l’autre la liberté du naturisme, conjonction historique sur un territoire restreint dont je connais pas l’équivalent.
A territoire exceptionnel, par son histoire, son environnement, son cadre et son style de vie, il faut répondre par des structures innovantes et inusitées. On dira que créer un Fonds de dotation est monnaie courante aujourd’hui, sans jeu de mot, sauf que si je regarde dans les soixante îles du réseau SMILO de par le monde, c’est à dire des petites îles comme le Levant, je ne vois pas vraiment d’initiative similaire, hors une île totalement privée de quatre hectares aux Philippines qui a créé récemment un Fonds de dotation.
Mais le Levant, c’est sans doute plus complexe, militaire et civile, village de copropriétaires mais aussi dépendante des collectivités publiques, petite île comme Port-Cros et Porquerolles mais encore plus mille-feuilles administratif, dont certains « étages » sont justement absents ou exsangues. Si je comprends bien l’objet du Fonds de dotation, ce n’est pas d’ajouter de la complexité là où elle domine déjà les débats, mais plutôt de rendre l’ensemble plus digeste en fluidifiant le rapport privé/public et en assurant une continuité de gestion et de mise en oeuvre.
L’autre intérêt à mes yeux, c’est de créer un levier d’action directe de la communauté levantine sur ses infrastructures, sa vie tout au long de l’année, sur les aspects culturels et sociaux, bref de mettre en place une gouvernance alternative et centrale. Dans cette optique, il y aura pour les autres petites îles du monde beaucoup à apprendre de cette expérience qui fera du Levant une île pilote.
Maxime Prodromidès
Président de SMILO (Small Islands Organisation)




















